Dépendance sexuelle

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Je crois que j'ai un problème

CBG

New member
Bonjour à tous,

J’écris ici car j’ai du mal à parler de ce que je vis, ou en tout cas de ce que je crois vivre, depuis… Depuis combien de temps déjà ?


Je suis un homme de 28 ans, et j’ai un rapport à la masturbation et au porno que je ressens comme problématique. J’ai commencé à me masturber au début de mon adolescence, je pensais au sexe comme tous les gens de mon âge, et j’aimais ça.


Je suis homo, et ça a façonné mon rapport à la sexualité. La nécessité de se cacher pour assouvir certaines envies, de dissimuler, j’en ai pris l’habitude. Le sexe c’est tabou, encore plus quand il s’agit de sexe entre deux hommes (ou deux femmes). Difficile d’en parler avec mes amis (quasi tous hétéros), ni avec des adultes. Alors je faisais mes expériences dans mon coin, et beaucoup dans ma tête. Et c’est là que le porno a pu occuper une grande place : il m’a aidé à assouvir ma curiosité et mes pulsions.


Je me suis toujours beaucoup masturbé, et je ne l’ai jamais ressenti comme un problème. C’était tous les soirs, avant de dormir. Mais je pouvais m’en passer quand ce n’était pas possible. Quand c’était trop, je parvenais à me limiter, à me contrôler. Comme quelqu’un de normal.

Et puis je me suis mis en couple avec une femme au début de ma vingtaine. Une relation dans laquelle je me suis parfois senti piégé. Au début je n’avais pas de problème, ma relation se passait bien. Mais petit à petit, mon désir envers les hommes, et une certaine frustration se sont emparés de moi.


Il m’arrivait de faire des séances intenses de visionnage de porno sur mon téléphone. Je profitais des moments où j’étais seul, quand ma copine partait quelques temps en famille ou entre amis. Je pouvais me masturber pendant des heures et enchaîner les vidéos. C’était occasionnel, ça me faisait du bien, je me sentais bien après. Pas de culpabilité, bien dans ma vie. Ce n’était pas un problème.

Et puis ces moments sont devenus de plus en plus fréquents. Tant et si bien que soirée seul rimait forcément avec séance intense de masturbation devant de multiples vidéos.

La pression montait, tout comme la frustration, noyées au beau milieu d’une dépression naissante. Et un soir de 2017, alors que je rentrais seul chez moi d’une soirée entre amis, ça a basculé. J’ai eu besoin d’un contact, d’un échange avec un autre homme. Quelque chose de simple, de sexuel, et d’excitant. C’est là que j’ai découvert les chats sur internet. J’ai envoyé mon premier nude à un vieil inconnu, j’ai passé la nuit entière à me masturber et à écumer les sites X jusqu’à épuisement. Le lendemain j’avais honte, je jurais de ne plus jamais recommencer. Et pourtant, quelques semaines plus tard, rebelote.


L’été qui a suivi n’a tourné qu’autour de ça. J’étais parti travailler loin, j’étais seul. J’avais besoin de voir des hommes nus. La journée je travaillais, et le soir, jusqu’à tard, j’écumais les sites de vidéos X et les applications de chat. Je discutais et échangeais des photos. Je dormais peu. Et le matin je remettais ça, ce qui m’a valu quelques fois d’être en retard.


La vie a fait que j’ai vécu seul, en relation à distance l’année suivante. Et ça n’a pas aidé les choses. Il m’arrivait régulièrement de passer un ou deux jours à alterner chat et repos, sans sortir de mon lit. Puis une semaine ou deux « normales », avant de retomber. A ce moment-là, il m’arrivait d’être en retard, ou de déprimer. Mais les conséquences n’étaient pas importantes sur ma vie. Je sentais que ça me dévorais par moment, mais j’y voyais la nécessité d’assouvir mes pulsions homo, et par là de préserver ma relation. C’était mon unique solution, alors je la prenais sans me poser de question. Ça finirait bien par passer.


J’ai gardé ça sous « contrôle » pendant des années, j’arrivais à faire en sorte que ça ne prenne pas trop de place, et que ça ne nuise pas à ma relation. Et puis en 2020, ça ne m’a plus suffit. J’avais besoin de plus, de vrai. Alors j’ai trouvé un site qui indiquait près de chez moi un lieu où les hommes s’exhibent. J’y suis allé, ça m’a excité. Puis j’y suis retourné, de temps en temps (c’était en extérieur, alors la période hivernale limitait les possibilités, heureusement)… Les vidéos que je visionnais ne tournaient plus qu’autour de ça. De plus en plus dérangeantes, de plus en plus trash. Mais je n’avais pas envie d’arrêter, je ne voyais pas le problème. Ça faisait partie de ma vie, mais tant pis.
Deux années se sont écoulées, et les séances sont devenues de plus en plus intenses. J’y passait une grande partie de mon temps libre, et de mon temps de sommeil. Parfois jusqu’à m’en faire mal au pénis (irritations, gonflements, œdèmes, perte de sensibilité). Mais ça ne m’empêchait pas de continuer.


Et un beau jour il y a deux ans, ma relation a pris fin. J’ai rencontré un homme extraordinaire, et j’ai passé le plus bel été de ma vie. Mon rapport au porno s’est adouci, je consommais moins, je me sentais moins prisonnier, et il m’arrivait de ne pas consulter pendant plusieurs semaines. Je me sentais libre, heureux, comblé. C’est à ce moment là que j’ai aussi compris que j’avais un problème avec le porno et la masturbation. Je me rendais compte que cela faisait des années que je ne m’étais pas touché parce que j’en avais envie, mais seulement parce que mon cerveau réclamait sa dose.


Les mois ont passé et petit à petit l’habitude s’est réinstallée. La vie a fait que je suis à nouveau à distance. Je pensais apprendre enfin à vivre seul. Mais je réalise que je n’arrive pas à contrôler ce problème, cette chose qui me puise tant d’énergie, et qui me fait sombrer dans la culpabilité et dans la déprime. La bonne nouvelle c’est que j’arrive à vivre mon homosexualité au grand jour, j’ai fait mon coming out à mes proches. J’ai des amis et une famille qui m’aiment, qui m’acceptent, et toujours le plus chouette copain du monde.


Parfois j’arrive à me retenir de consulter des sites X. Même quand je suis seul, je parviens à ne pas me masturber pendant plusieurs jours. Quand mon copain revient, nous avons des rapports tout à fait normaux, ça me rend heureux. Mais dès que je suis seul à nouveau, tout se relâche. C’est comme une boulimie, je n’arrive pas à m’arrêter. J’ouvre des dizaines d’onglets, de sites et de chats.

Il y a quelques semaines, je me suis retrouvé sur un site avec des vidéos très violentes. J’ai assouvi mon désir. Et puis le lendemain je me suis dit que c’était allé trop loin. Ce n’est pas moi, je le sais. Ça me possède, et ça ne peut plus continuer. Alors j’ai tout supprimé : mes comptes sur les sites où j’étais inscrit, les chats, les messageries, etc. Je pensais pouvoir arrêter.


Je réalise l’ampleur que ça a pris : le manque de sommeil, les moments de déprime, la honte qui me poursuit sans arrêt, la culpabilité, le sentiment d’être sale, d’être déconnecté de ce qui m’entoure.


La bonne nouvelle c’est que j’ai compris que j’avais un problème très profond. La bonne nouvelle c’est que j’arrive à être dans de bonnes conditions pour y faire face. Ma vie me rend plus heureux, je me sens mieux dans mon corps, j’apprends à me connaître et à m’aimer. Je vois une psy qui m’aide, mais à qui je n’ai pas parlé de ce problème, je ne m’y sens pas encore prêt.


Ma stratégie : essayer de ne plus regarder de porno. Les bons jours j’y parviens (même si c’est assez récent, mais je m’accroche). Les mauvais jours, je m’impose deux règles : pas de vidéo violentes ou au contenu douteux, et je ne multiplie pas les onglets. Je m’autorise deux ou trois vidéos, et une limite de temps de 20 minutes maximum. Modifier mon habitude afin de pouvoir mieux la dompter par la suite, par pallier.


J’ai une tendance à l’addiction, je suis déjà passé par le cannabis, et c’est difficile de décrocher, surtout si on veut tout arrêter d’un coup. J’essaie d’être plus indulgent avec moi-même, de me dire que la rechute n’est pas une fatalité. Qu’on tombe, mais que le plus important c’est de se relever.


Bref, tout ça semble marcher. Alors pourquoi écrire tout ça me direz-vous ?

Tout à l’heure, à la fin de ma journée de travail, une envie irrépressible de me faire une séance intense de masturbation m’a pris. Mon cerveau s’est retrouvé d’un seul coup envahi de ce désir face auquel j’étais impuissant. Pourtant tout allait bien. Pourtant ma dernière masturbation remontait à ce matin (sans porno).


Je suis rentré, et j’ai craqué. J’y suis resté deux heures, j’ai ouvert des dizaines d’onglets, jusqu’à m’en faire mal, de nouveau. Mais cette fois-ci, la déception ne s’est pas fait ressentir après, mais pendant. Je continuais alors que je n’avais vraiment plus envie, comme si mon cerveau m’y forçait jusqu’au dégoût. Une fois fini, comme d’habitude la honte, la déception, la fatigue et la déprime.


Et puis je me suis rendu compte : je suis parvenu a arrêter le cannabis en en parlant autour de moi, aux amis de confiance, surtout ceux qui l’avaient aussi vécu et qui comprenaient mon problème. Il ne m’ont pas pris en charge, ni soigné, mais écouté. Et surtout, j’ai pu parler. Dire ce que je vivais, dire ce que je ressentais. Et c’est ça qui m’avait fait le plus de bien.


Je n’avais jamais parlé de ça à personne. Pas un mot, comme si c’était normal, comme si c’était un autre moi que je dissimulais. Comme si j’avais un monstre tout au fond de moi qu’il fallait à tout prix cacher. Ne pas mettre de mot, c’est garder sous silence. Comme si ne pas dire c’était ne pas exister. Je ne me sens pas prêt pour en parler à mon copain, ni à mes amis. Je ne suis pas sûr d’arriver à trouver les mots pour qu’ils comprennent. Mais peut-être que j’y arriverai un jour.


Alors j’ai cherché un endroit où en parler, avec des gens qui pourraient comprendre et avec qui en discuter. Ce n’est peut-être qu’une bouteille à la mer, mais j’ai l’impression qu’ici je pourrai être entendu. Me voici les gars, et je crois que j'ai un problème.
 
Salut CBG


tu es ici au bon endroit.
Sois le bienvenu sur ce site.

A partir du moment où tu sens que ton rappport au sexe n'est pas normal, ou pas satisfaisant pour toi c'est qu'il y'a bien un sujet. Ton message est ici un premier pas et sache que le chemin pour retrouver la sobriété est long.

Je n'ai pas de conseils à te donner, mais te félicite pour ta démarche, le sujet est tellement tabou que lorsqu'on en est malade ce n'est pas évident d'en sortir.

Cependant tu n'es pas seul, le forum est une aide, mais tu peux aussi consulter des thérapeutes ou des structures comme DASA Dépendant affectifs et Sexuels Anonymes, c'est une fratérnité que je fréquente te je peux te dire qu'elle m'a été d'une aide précieuse car elle m'a aidé à sortir de l'isolement qui caractérise tant cette addiction.


tu as des réunions physiques :
https://dasafrance.fr/reunions-liens/
en visio : https://dasafrance.fr/les-reunions-en-visio/

et aussi je te conseil de faire les 40 questions pour faire ton diagnostique :
https://dasafrance.fr/40-questions-pour-faire-votre-diagnostic/

Commence ton 1er pas c'est sans doute le plus important
 
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