Dépendance sexuelle

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Sevrage de Ensortir89

T'es un héros. 

Qui peut prétendre avoir une telle pente à remonter, et le faire jour après jour sans céder au découragement, c'est à cela que l'on reconnait un homme, un vrai. 

C'est la richesse invisible des combattants de l'ombre, individuel et déterminé, qui bonifie la pâte humaine dans son ensemble, et qui auront la récompense de la noblesse éternelle.
 
Du temps est passé.

Je pense avoir fait beaucoup de chemin ces derniers mois. Peut être plus dans ma tête que dans mes actes mais c'est tellement important...

Déjà, en analyse, je suis vraiment rentré dans le vif du sujet, celui qui est le plus douloureux, celui qui m'empêche parfois de dormir : pourquoi être allé jusqu'à la pédopornographie ? Si, comme je l'ai déjà dit, on n'arrive pas à la pédopornographie sans passer par la pornographie, à l'inverse, tout ceux qui consomment du porno ne basculent pas dans le pédoporno...
C'est une grand étape pour moi, un grand pas, parce qu'il a fallu que j'arrête de me juger, de me culpabiliser, au moins le temps des séances, pour essayer d'analyser. Pour comprendre. Des éléments de réponse, je commence à en avoir mais il y a encore beaucoup de travail car beaucoup de barrières à faire tomber.

Concernant le sevrage, je suis dans une situation assez paradoxal. J'ai compris que le porno ne m'amenait rien de bon. Pour autant, dans la journée, j'ai souvent envie de me masturber, pour évacuer... Lorsque que cette sensation arrive, j'arrive à garder en tête de façon consciente que le porno ne va pas m'aider. Mais cela ne m'aide pas à faire redescendre la pression... Alors j'évacue. Je me masturbe de la façon la plus rapide et la plus mécanique possible... C'est très étrange comme sensation. Au moment de l'éjaculation, j'ai comme le sentiment d'évacuer quelque chose qui me parasitait à l'intérieur de moi. Et d'être soulagé de reprendre le contrôle.

Un dernier point que je n'avais jamais abordé ici : l'addiction autre que sexuel. Je pense avoir aussi développé au fil du temps, petit à petit, une addiction à la nourriture. J'ai pris beaucoup de poids en 10 ans. Pas suffisamment pour être obèse mais je suis en surpoids. En comprenant les mécanismes de l'addiction, j'ai décidé il y a quelques mois de maigrir. J'y suis parvenu plutôt bien (7 kilos) mais maintenant, je stagne. J'ai essayé de comprendre pourquoi je ne continuais pas à maigrir, alors que je suis encore loin de mon poids de forme. Et je suis tombé sur ce texte qui ma parle beaucoup... Je vous le livre ci-dessous, en espérant avoir de vos nouvelles. Je pense souvent à vous même si j'écris peu ces derniers temps.


Qu'est ce qui fut ce qui te fit grossir?
Ni une alimentation déficiente, ni un manque d’exercices n’ont provoqué tes kilos en trop.
Ce qui te fit grossir fut la peur, le sentiment d’abandon, le manque d’amour, la dévalorisation, la vulnérabilité, tout cela tu l’exprimas par des impulsions inconscientes, et elles se manifestèrent comme de mauvaises habitudes alimentaires.
Tiens compte que la finalité des expériences douloureuse n’est pas de perdurer, sinon nous enseigner une leçon et ensuite disparaître….. Cependant comme ton système d’épurement émotionnel est abîmé, (ton mental) il a essayé, inconsciemment de te débarrasser de ces pensée et sentiments par le moyen de la digestion disant :
« SI JE NE PEUX TRAITER MA TRISTESSE, PEUT-ÊTRE PUIS JE LA MANGER, SI JE NE PEUX TRAITER MA COLÈRE, JE SUIS PEUT-ÊTRE CAPABLE DE L’ENGLOUTIR. »
Cet excès de poids disparaîtra lorsque ton enfant intérieur qui vit encore dans ton corps d’adulte, grandissant au travers de la graisse pour être reconnu et protégé par l’adulte, se rende enfin compte que la peur appartient au passé et qu’enfin il est en sécurité.
Cet enfant intérieur arrêtera de grandir sous forme de graisse….
Je veux que tu saches que la graisse est une résultante physique de ton besoin de prendre de la distance avec les AUTRES, cette graisse a été un rempart pour te protéger, une barrière que tu as créée, toi-même.
Je te propose d’abattre les briques de ce mur qui ont des noms :
HONTE, RAGE, PEUR, RANCŒUR, INJUSTICE, PROTECTION, SÉPARATION, ÉPUISEMENT, STRESS, COMPLEXE D’INFÉRIORITÉ.
La graisse que tu t’enlèves de dessus avait pénétré ton subconscient avant de s’accumuler dans ton corps et lorsque le poids disparaitra de ton esprit, il abandonnera ton corps.
(Traduit du texte Eva Ka Karuna)
 
Bonjour Lionel,
Merci pour les nouvelles, et je suis heureux de lire que tu progresses. Le chemin est long car ce chemin est la vie.
Ton texte sur la nourriture me parle. La graisse, l'addiction comme une barrière vers les autres et premièrement vers soi et cet enfant intérieur. C'est la plus belle des choses que je peux te souhaiter, retrouver cet enfant intérieur, et à travers lui l'amour de toi.
Il est bien que tu ne sois plus dans le jugement, mais dans l'acceptation, dans l'accueil. Ce sont les voies, je crois, vers le pardon et l'amour.
Par rapport à la dépendance, tu dis être dans une forme de masturbation mécanique. De part mon expérience, quand tu te sentiras assez fort, lutte contre cette envie pour te retrouver face à cet enfant (surement cette souffrance) que tu ne veux pas encore voir. Elle te paraît une montagne (ou un gouffre sans fond). En fait, il a juste besoin que tu l'écoute et le réconforte.
Bon chemin
Fabrice
 
Bonjour Lionel,


Merci pour ton message.
Le texte sur la nourriture me parle aussi. La protection dans la compensation : voilà un schéma que j'ai beaucoup pratiqué. Grâce à ton message, j'en comprends la dangerosité.

ensortir89 a dit:
Je te propose d’abattre les briques de ce mur qui ont des noms :

HONTE, RAGE, PEUR, RANCŒUR, INJUSTICE, PROTECTION, SÉPARATION, ÉPUISEMENT, STRESS, COMPLEXE D’INFÉRIORITÉ.


C'est tellement vrai pour moi. J'ajouterais ISOLEMENT dans ma liste de murs à abattre.

Bravo pour ton combat !
Courage !
 
Bonjour à tous,

J'espère que vous allez bien. Je ne suis pas très présent depuis quelques temps sur le forum même si je suis loin d'avoir arrêté de combattre.
Revenir après un long moment permet de mieux mesurer le chemin parcouru.
Constater que malgré les difficultés importantes, il y a du positif et que, en se retournant sur plusieurs mois, on constate du progrès.
Déjà, ce sont les autres qui me le font remarquer. Ils ont l'impression que je vais mieux, que je suis moins triste, plus patient.
Moi-même, d'un point de vue purement physique, avec -10 kg depuis fin avril.
Et d'un point de vue pycho, tel que je l'ai dit en analyse, si je ne m'aime toujours pas, je m'aime un peu mieux.

Pour autant, mon sevrage est loin d'être top. Bcp de masturbation, encore trop de porno à mon goût..
Néanmoins, avec le recul, je suis persuadé que les tentatives de sevrage tentées par le passé sans chercher à comprendre, à s'aimer... étaient vouées à l'échec.
J'ai encore beaucoup de travail à faire sur mon sentiment de culpabilité, sur l'impression d'être un imposteur, sur mes angoisses...

Chaque jour après l'autre.
 
Bravo pour tes avancées. Prendre conscience de ce qu'il reste a faire est un sacre pas en avant, bon courage pour la suite
 
Courage Lionel.
Je suis heureux de lire que tu commences à t'aimer, que tu prends soin de ton corps et de ton esprit.
Ton message est plein d'espoir et d'optimisme.
Merci pour ces nouvelles et ce partage.
 
J'ai réussi à tenir mon objectif de 4 jours mais j'ai chuté à son terme...
Les rechutes me donnent envie de me déchirer les entrailles. C'est juste incroyable d'avoir un sentiment aussi fort qui ne serve pas de "rappel" avant de chuter les fois suivantes...

L'addiction, quant elle nous tient, évacue vraiment tout...

J'ai encore énormément de chemin à parcourir...
 
Salut Lionel,

Ce qui m'a aidé à été de m'interroger sur les forces qui me maintiennent vers la dépendance malgré les conséquences néfastes. Il s'agit de voir les inconvénients à changer de comportement. Nous pensons souvent aux gains mais rarement aux pertes. Que perdras-tu à ne plus répondre à la dépendance ? Quel avantage aussi as-tu à continuer ?

Courage et 4 jours ce sont 4 jours de liberté ! Reprends le combat pour de nouveau avoir des jours de liberté. Je suis de nouveau dans cette logique. Combattre pour notre liberté. L'objectif est clair, la route longue, avec des moments difficiles mais surtout de belles surprises et de belles rencontres.

Bon dimanche !
Fab
 
Bonjour à tous.

J’ai passé une semaine éloignée de la pornographie mais pas de la masturbation compulsive. Aucun plaisir dans cette pratique, juste la sensation du besoin que « ça sorte » pour faire diminuer la pression.
Avec le travail d’analyse, je prends conscience de quelque chose qui me pourrit la vie, dont je n’avais que faiblement conscience jusqu’à présent : les TOC

J’en avais déjà un peu parlé précédemment, je disais que quand je rechutais, je punissais ma « faute » en abandonnant la lecture d’un livre qui me plaisait par exemple. Je réalise que tout cela va bien au-delà. Je souffre de vrais TOC. Et ça, je n’en ai jamais vraiment parlé, même à ma psy. Par manque de conscience au départ, et maintenant par très grande honte.

Mais il faut regarder les choses en face : je fais des choses que ne font pas les gens normaux. Quand je cède à une pulsion, je fais des choses « rituellement » après coup. Je débranche certains appareils de la maison. Je remets des choses en place. Comme pour repartir à zéro et faire croire à mon esprit que ce qui s’est passé avant n’existe pas. Et le nombre de rituels devient chaque fois de plus en plus important.

On me trouve intelligent. J’ai l’impression d’être un fou incapable de résister à ses pulsions masturbatoires.
 
Peut être est ce le moment d'en parler à ta psy, qu'est ce qui t'a retenu jusque là? Est elle vraiment que tu ne savais pas où que tu avais honte d'en parler? Tu n'es pas fou, on aimerait tous trouver un rituel magique qui nous permettrait de reprendre à zéro. Peut être as tu trouvé quelque chose qui te rassure, c'est loin d'être fou. Bon courage.
 
Le vrai rituel qui fait du bien, c'est le rituel relationnel. Par exemple serrer la main de quelqu'un est un rituel relationnel.
J'ai beaucoup étudié le rituel.
Le rituel relationnel, peut aussi s'appeler le protocole d'approche avant l'union. Que cette union soit d'un ordre amoureux, ou d'un tout ordre comme un accord commercial ou encore autre chose. 
En amour, les préliminaires sont un rituel. C'est le moment où les deux personnes se mettent progressivement au même rythme de leur émotions.
En contre partie, il existe les rituels magiques, qui sont tous des rituels qui isolent. Ils ont un réel pouvoir, et c'est tout le problème, car ils font illusion un temps en matière d'efficacité pour régler un problème.
Pour les personnalités fractionnées comme la tienne, il me semble qu'elles sont un moyen de rejoindre un territoire psychologique commun à toutes tes personnalités, les plus blessées comme les plus désirantes de vraie vie.
J'ai eu personnellement à régler cette question du rituel, c'est un thème important dans mon deuxième bouquin.
 
Ensortir89,
Tu livres une bonne bataille. Tu es conscient que le combat est difficile, mais tu tiens bon. C'est ce que je retiens de ton témoignage.

La déprime est difficile à vivre, mais elle peut laisser place à meilleur...Il n'y a que dans le moments où je me contrôle que je me sens comme "normal", ces moments où je mets dans ma vie des alliés, qui peuvent varier pour toi. Moi, c'est le sport, l'écriture et les témoignages sur ce forum qui m'aident. Mais toi, tu as tes propres alliés. Je t'encourage à les découvrir.
Petit
 
Échec un jour, mais pas toujours, la vie est mouvement. Les bas sont fait pour mettre en relief les hauts. Demain va déjà mieux, parce l'échec d'aujourd'hui est identifié comme un échec et qu'il s'inscrit dans une histoire qui a du sens.
 
Peut-être que cela s'inscrit dans une histoire qui a du sens...
Mais je trouve surtout que l'histoire se répète.

Mais tu as raison : il faut aller de l'avant. Demain est devenu aujourd'hui et aujourd'hui, c'est mieux qu'hier ! ;)
 
Pas trop le moral en ce moment. Même si je disais m'aimer mieux, j'ai été choqué par le sentiment de dégoût que j'ai eu à la vision de mon propre reflet dans le miroir cet après-midi. Je me trouve moche, de l'intérieur à l'extérieur.

Sinon j'ai changé la façon d'aborder le compteur. Je l'ai passé directement à 365 jours comme objectif. Même si j'espère céder le moins souvent possible, je ne compte pas le remettre à zéro lors de masturbations. Ce que je veux vraiment quantifier, c'est le nombre de jours sans pornographie. Autant procéder par étapes... je pense être prêt pour supprimer tout contact avec la pornographie.

J'espère vraiment y parvenir. J'espère retrouver un peu le moral aussi. :/
 
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